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TROPHEE DES ALPES 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Vincent LEGENNE

Equipage Didier CORVI / Vincent LEGENNE sur Porsche 924 Turbo n°48

Exténué mais super heureux, c'était à tous points de vue grandiose !

400 kilomètres par jour, 4 étapes, 40 cols par étape (presque) et au moins 40000 virages par jour !!

Des paysages somptueux, des cols mythiques : Cayolle, Izoard, Galibier, Glandon, Madeleine, Roseland, Arpettaz, Alpe d’Huez, Ormon, Fontbelle et tant d’autres encore.

Un temps de rêve !!

Superbe organisation, bon rythme, roadbook parfait, 33 ZR en 4 jours de 10 à 30 kilomètres chacune avec 5 à 15 prises de temps à chaque fois, une excellente ambiance.

Bref, tout était réuni pour que cette épreuve soit marquante et elle l’a été.

J’ai pu participer avec Didier car on a récupéré un engagement gratuit. On s’est très vite rendu compte que la 924 turbo était inadaptée,  pas tellement la voiture mais la boîte, un gouffre entre la 1 et la 2 et surtout, un turbo qui se déclenche à 3200 tours. Quand on sort d’une épingle en montée, on n’avance pas et il faut attendre longtemps. Pendant ce temps, on voit le cadenseur qui tourne beaucoup plus vite que la vitesse réelle.

Ce n’est pas sans raison que la moitié du plateau est composée de Porsche 911, Carrera dans l’idéal avec 200 à 250 cv, légere, fiable performante, c’est vraiment la voiture idéale.

On avait une équipe de 3 voitures mais hélas l’Alpine A 310 V6 des RIOU a été victime de trop graves ennuis électriques et ils ont dû déclarer forfait avant de commencer. Restait donc la 911 de Jean-Phi WANTE avec sa fille Stéphanie.

Photo Richard BORD

On est 28è le 1er jour à Briançon, à égalité avec les Wante d’ailleurs. Eux ne sont pas encore dedans puisqu’ils remonteront jusqu’à la 12è place en gagnant la 3è étape. Chapeau car il y avait un sacré plateau avec, entres autres, une quinzaine d’équipages belges.

Dans les très nombreuses épingles du second jour avec de la haute montagne, on laisse parfois des valises : 15 secondes de retard, soit 220 mètres quand les autres passent quasiment à zéro

Mais on est très heureux d’être là même si on recule au classement, avec une forte envie de revenir sur ces routes en cabriolet, le coude à la portière !

Photo Richard BORD

Le 3è jour, le trip s’est arrêté en pleine spéciale!! La sonde Chronopist avait sans doute trop chaud … Et cela, juste avant un quitter gauche que j’ai vu trop tard puisque je n’étais plus concentré sur la navigation. Calculs, écarts entre bornes kilométriques, bref, on a perdu une centaine de points d’autant plus qu'en invertissant ensuite les 2 sondes, j'ai oublié qu’elles n’étaient pas réglées de la même façon … Quand on a une spéciale de 12 kilomètres sans repaires, ça coûte cher avec 200 mètres d’écart à l’arrivée.

Le dernier jour s’est mieux passé car on revenait en Provence et il n’y avait plus ces épingles en montée : nous faisons même une 4è place sur la dernière ZR au-dessus de Cavalaire avant l’arrivée pour finir finalement 28è sur 80 au départ en laissant aussi quelques Porsche ….derrière nous !

Photo Richard BORD

Un gros morceau mais j’ai déjà hâte d’y être l’an prochain !!

Mise à jour le Dimanche, 16 Septembre 2018 18:24
 
LEGEND BOUCLES DE BASTOGNE 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Bernard LEFEVRE Copilote de la DAF 66 Marathon.

Les Boucles de Bastogne ont un fonctionnement un peu inhabituel. Le roadbook est très simple, du fléché métré uniquement, qui nous conduit de CH en CH sans aucun piège de navigation et de RT en RT (Regularity Test), sur routes fermées à la circulation.

Il y a trois catégories : les "CLASSIC", les "CHALENGER" et les "LEGEND".

Les "CLASSIC", la catégorie dans laquelle les deux équipages du RSC78 sont engagés, ont une moyenne maximum de 60 Km/h en RT. Seule la licence "Regularity" est demandée et le casque est obligatoire. En pratique, nous n'aurons qu'une RT avec une moyenne de 54 Km/h et deux RT à 60 Km/h avec changement ponctuel à 49 Km/h. Toutes les autres seront à 60 Km/h.

Les "CHALENGER" fonctionnent de la même manière, mais avec une moyenne maxi de 80 Km/h. C'est un peu du VHRS, moyenne haute. Là, il faut une licence internationale pour l'équipage, un passeport technique pour la voiture avec la sécurité FIA qui va avec.

Enfin les "LEGEND", la catégorie reine et spectaculaire, ont un "Target Time", un temps cible, par RT. C'est à dire qu'ils doivent s'approcher le plus possible d'un temps idéal, tellement idéal qu'il est très court... trop court ! En clair, ils doivent rouler le plus vite possible, c'est du VHC.

Autre fonctionnement inhabituel : les CP. Pour tous les équipages, il y a des Contrôle de Passage humain et uniquement dans les RT. Sur le Roadbook, il est annoncé clairement leur position. Vous devez vous arrêter, présenter au commissaire votre carton, qu'il va poinçonner, puis vous repartez réguler. Ca peut paraitre aberrent cet arrêt en cours de RT, mais ils étaient judicieusement placés au bout d'une ligne droite et avant un passage critique : une épingle, un virage masqué, l'entrée d'un village... Ca permettait de casser la vitesse et de faire un peu de spectacle sur un gros freinage et un départ arrêté.

Il faut se lever tôt le samedi matin pour être au pré-départ. Il n'y a pas de parc fermé sur ce rallye. La bonne idée de l'organisation est de convoquer les voitures dans une vaste zone industrielle (déserte le samedi matin) selon un horaire de pré-départ. Puis, sous forme de liaison, au roadbook, nous allons au podium de départ toutes les 30 secondes. Ainsi, si c'est un peu le bazar dans cette zone industrielle, les voitures arrivent au podium en ville dans le bon ordre et à horaire régulier. L'autre bonne idée est de faire partir simultanément les CLASSIC et les LEGEND /  CHALENGER. Pendant que les uns font une boucle, les autres en font une autre, et vice-versa. Ceci permet de faire les 450 km du samedi sans faire une queue leu-leu de 4 heures (281 voitures !) et d'arriver le soir à une heure raisonnable.

Nous prenons le départ vers 8h30. 10 min plus tard, nous sommes déjà à la première RT, c'est court. Cette première RT est en grande partie asphaltée et quelques portions terre. Oui, c'est un rallye atypique, sur les 210 Km de RT, la moitié est sur pistes et chemins en terre ! Les reconnaissances n'étant pas autorisées pour les CLASSIC, nous n'avons que les notes du roadbook : les changements de direction et quelques virages appuyés.

Cette première RT me parait dantesque, et pourtant elle ne fait que 7 km, une des plus courtes. Si la routes n'est pas blanche de neige, elle n'en est pas moins extrêmement glissante, c'est un mélange d'eau, de neige fondue, de gravier et de terre. Ce n'est pas bien large, la trajectoire est toute faite. L'adhérence est précaire, les distances de freinage peuvent être longues... Yves n'est pas à la fête ! Sur les courtes portions terre, c'est un festival de pierres, de trous, d'ornières dans les cordes. Ca cogne dans les amortisseurs, les cailloux frappent les bas de caisses et les passages de roues, il me semble qu'il y en a qui tapent dans mes pieds ! Le fond de caisse glisse, frotte, racle dans les ornières. C'est un raffut de tous les diables ! La voiture est tellement secouée que j'ai du mal à lire le trip et à remettre à zéro le partiel. La DAF n'est pas à la fête ! Il y a déjà quelques voitures qui sont parties à la faute : une BMW 2002 est partie tout droit dans le talus sur un gauche enneigé, une 911 est dans le fossé en sortie d'épingle...

Nous avons vraiment été surpris par la difficulté du terrain. Nous ne tiendrons pas la moyenne imposée. Nous terminons la RT avec l'Escort, qui partait derrière nous, aux fesses !

A la sortie de la RT, à peine le temps d'enlever nos casques qu'il faut filer rapidement à la suivante, le timing est serré. Il en sera ainsi tout au long du rallye, dans un rythme incessant et soutenu. Si l'assistance est autorisé entre chaque RT, elle est à prendre sur notre temps de liaison, comme lors des rallyes des années 70-80. Patrick et Kimble seront là, à chaque sortie de RT, prêts à intervenir si besoins. Quelques mots rapidement échangés pour les tenir informés : "Tout va bien !..." et nous enchainons pour la prochaine. Je reprends le road-book pour la liaison, ce serait quand même bête de se perdre... Pourtant, à la sortie d'un village, il y a une succession d'intersections sur quelques centaines de mètres, et je flotte un peu...

- Désolé Yves, il faut faire demi-tour... ça ne colle pas, nous n'avons pas tourné au bon endroit... j'ai dû mal prendre une distance...

Pas bien grave, rapidement nous retrouvons un concurrent qui nous "tire" sur le bonne route. Pourtant ce court jardinage aurait dû me mettre la puce à l'oreille... Mais nous voilà déjà au départ de la 2ème RT. Je pointe de suite, nous mettons les casques rapidement... et nous voilà reparti le couteau entre les dents dans l'enfer d'une RT ‘’bastognardes’’ de 14Km. Las, malgré tous les efforts d'Yves, impossible de tenir la moyenne... Pire, je perds mes repères dans la RT, je n'arrive pas à suivre, je n'indique pas les rares notes à temps !  Yves rate un freinage sur une épingle et la DAF file tout droit, heureusement sans gravité. Nous terminons avec 600 m de retard, c'est beaucoup...

Ensuite un parcours routier plus long nous emmène un peu plus au nord, dans les Ardennes plus hautes, plus froides, plus blanches... Je reste bien concentré sur le roadbook pour éviter un nouveau jardinage. Je recale le trip régulièrement... Je râle :

- Mais c'est pas possible !... Ils sont à la rue avec les distances sur le roadbook !

Yves jette un œil sur le roadbook, le trip...

- Bon sang ! Regarde... l'indice d'étalonnage est changée sur le VH-Trip... Hier, à l'étalonnage, nous étions à 835, maintenant nous sommes à 735 !

Mince...! Dans les tressautements de la RT 1, j'ai dû appuyer malencontreusement sur l'indice, en faisant un Raz du partiel ! Voilà pourquoi ça ne collait pas dans le village, pourquoi les notes de la RT2 n’allaient pas !

Les RT 3 et 4, de respectivement 12 et 6 km, nous paraissent presque plus simple. On parvient parfois à réguler, mais pas tout le temps. On progresse, on s'habitue. Nous retrouvons Patrick et Kimble au premier parc d'assistance. Courte pause pour les deux équipages, puisque hormis le plein d'essence et un bon coup sur le pare-brise, nous n'avons rien à faire sur les voitures. Les RT 5 et 6 sont les mêmes que les 3 et 4. Nous terminons cette première boucle de 6 RT en redescendant à Bastogne. Après un très court regroupement, nous repartons pour une nouvelle boucle de 6 RT au nord-ouest de Bastogne : il est 16h00 et il commence à neiger... La RT 7 (idem RT 1) se fait encore de jour, mais pour les 5 dernières ce sera de nuit. La RT 8 est la même que la RT 2 où nous avions le trip faussé. Nous améliorons un peu, mais somme malgré tout en retard, nous nous faisons doubler.

Il neige toujours, il neigera encore jusque tard dans la soirée. Rouler vite quand il neige la nuit est une chose difficile. La neige forme un écran blanc infini et étourdissant devant nous, avec les phares nous sommes éblouis. C'est très fatiguant, usant, pour les yeux du pilote. Finalement ce sera avec l'éclairage d'origine de la DAF, qui nous parait le meilleur compromis entre visibilité et éblouissement, que nous terminerons cette étape nocturne, de quatre dernières RT d'environ 10 Km chacune. L'une d'elles, "Mirwart" fut particulièrement éprouvante. C'est une boucle dont nous devons faire pas tout à fait 2 tours. Par endroit la neige recouvre la route étroite, nous avons du mal à discerner les bas-côtés, tout est blanc dans les phares. Même les traces de la voiture qui est partie 30 sec devant nous ne sont pas visible.  Yves vise au milieu, entre les arbres... Plus loin, c'est tellement défoncé que nous ne faisons pas la différence entre route et chemin. Les trous sont masqués par les flaques d'eau, par la neige fondue, agglomérée en bouillasse au sol. Ca semble lissé. Eblouis par les phares sur la neige qui tombe toujours, on ne distingue pas le relief de la route ou des chemins. Ca tape violement dans les roues, sur la caisse. A 54 Km/h c'est infernal ! Nous nous faisons doubler plusieurs fois... mais comment font-ils ?! Nous prendrons les pénalités forfaitaires maximum sur cette RT, que nous effectuerons une deuxième fois à 60 Km/h... et encore une pénalité forfaitaire !

Nous rentrons à Bastogne et passons le podium à 21h30, épuisés par les 450 Km et les 12 RT de cette première journée. Nous retrouvons nos fidèles Saint-Bernard de l'assistance autour de l'Opel. Benoit et Vincent ont bien roulés, eux, et sont probablement dans les 20 premiers. Mais ils sont inquiets : la Commodore fait des siennes, elle ratatouille par moment, et Patrick n'identifie pas vraiment la cause...

Il ne neige plus, mais il fait froid... Il gèle !

Le lendemain, nous repartons dans l'ordre du classement, avant le lever du soleil. Il fait un froid polaire. Environ 250 Km à faire, dont une centaine de RT, c'est condensé. Les Legenne partent donc bien avant nous, puisque nous sommes dans les 80 au classement. Avec la neige tombée la veille et le gel de la nuit, la première RT du matin, la RT13 de 11 Km, est gelée. "ICY CONDITIONS" nous prévient l'organisation au départ ! On pourrait croire qu'étant donné l'épopée de la veille, ça ne pouvait pas être pire, l'adhérence était déjà tellement ténue... Si ! La voiture glisse à la moindre sollicitation d'Yves, qui pourtant roule sur des œufs : la voiture file tout droit aux freinages, ne veut pas tourner, ou au contraire part en sucette à la moindre ré-accélération pourtant pas très violente ! Mais Yves veille et gardera la voiture de tous dommages. Evidemment, nous ne sommes pas dans les temps impartis, mais nous sommes toujours là.

La RT 14 est le graal de ce rallye : 35 km de pistes de terre dans un magnifique domaine forestier. On pourrait se croire au RAC ! Le soleil hivernal est levé et perce dans le bleu laiteux du ciel matinal.  La lumière inonde un paysage de magnifiques vallons et de forêts aux majestueux épicéas tapissés de lourds manteaux blancs. C'est long 35 km de terre, très long... nous nous ferons doubler plusieurs fois. La piste est parfois enneigée, glacée quand nous sommes à découvert, et parfois sous l'abri des grands sapins qui retiennent la neige nous retrouvons la terre noire, rassurante, presque accueillante, où la DAF retrouve un peu de grip. Yves assure dans les descentes, anticipe bien les freinages, profite du moindre bout droit pour rouler. Il prend confiance petit à petit dans ce milieu hostile. Nous verrons une Mercedes partie jardiner en sortie d'un gauche un peu serré, que des spectateurs tentent de remettre sur la piste, ou une BMW posée sur des rondins de bois en travers... Comme beaucoup de concurrents, nous prendrons une pénalité forfaitaire pour cette RT. Qu'importe, c'était magique !

Les RT s'enchainent, toujours dans un timing serré, ponctué par le refuelling de Patrick et Kimble sur le routier. On apprend que l'Opel ratatouille de plus en plus. Ils ont même dû changer de pompe à essence en RT.

Coup du sort lors de la RT 16 "La Mandarine", à la sortie d'un droite assez serré, on aperçoit la Commodore rangée sur le coté dans la neige, Vincent et Benoit sortis de la voiture. Nous apprendrons plus tard que la voiture avait des problèmes de direction, et plutôt que de tenter le diable ils ont préféré s'arrêter... c'est l'abandon.

De notre coté, la DAF se porte bien, tout juste un ralenti un peu bas qui nous fait caler de temps en temps. On profite d'un parc assistance pour en parler à Patrick.

- Ho bé s'il n'y a que ça... ce n’est pas bien difficile, je vais vous le remonter un peu. Il ouvre le capot, machinalement touche le filtre à air, fixé sur le carburateur...

- Mais ça branle bizarrement ! Il se penche et regarde sous le filtre...

- Dites donc les gars : vous êtes en train de perdre le carburateur !

Avec les chaos des routes et des pistes, les vis qui serrent le carburateur sur la pipe d'admission s'étaient dévissées. Il y avait une grosse prise d'air.

- Encore quelques kilomètres et vous étiez obligés d'aller chercher les bouts du carburateur sur la route !

Ce sera notre seule alerte mécanique du WE, mais qui, sans la présence de Patrick, aurait été catastrophique.

Les trois dernières RT nous paraitrons plus tranquilles. Les températures se réchauffent, il y a moins de portions enneigées ou glacées et nous nous habituons aux trous et aux chaos des chemins empierrés. Mais surtout, Yves tient mieux la voiture, il est en confiance. Il y prend plaisir, ça se sent. On roule plus vite, nous régulons de plus en plus souvent. La 19ème et dernière RT, nous régulons assez rapidement et jusque la fin. Ce sera notre meilleure RT, un 23ème temps.

- Yves, c'est pas mal !... Je pense que nous sommes bien entrainés, on peut commencer le rallye maintenant.

Sur le podium final à Bastogne, nous avons le sourire, nous sommes heureux. Nous n'avons pas fait le meilleur classement qui soit, mais nous sommes allés au bout de ce rallye infernal !

C'était une belle aventure, une belle péripétie automobile et une belle épopée d'une équipée d'amis.

Mise à jour le Dimanche, 08 Avril 2018 13:50
 
 
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