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SAISON 2018
15ème TOUR DE BOURGOGNE CLASSIC 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Vincent copilote de l’équipage de la Peugeot 305 GT

Le 15ème Tour de Bourgogne Classic 2018

Qu’il est curieux ce rallye de Bourgogne que je viens de faire !!

Plusieurs nouveautés pour moi avec Jean Rick dans sa 305GT et avec un Chronopist, appareil que je n’avais jamais utilisé.

C’est un rallye FFSA mais «à la bonne franquette» : pas de règlement écrit ( ou alors je ne sais toujours pas où il fallait aller pour le voir !), pas de site internet, des vérifications sommaires mais par contre, de la convivialité à tout va, un organisateur très marrant ( je n’avais jamais vu une salle hilare pendant le briefing) et de la bouffe en veux-tu en voilà !!

70 concurrents, déjà presque tous présents le vendredi après-midi avec beaucoup de Suisses, quelques belges, et des voitures variées : de la MG TD à la Ferrari moderne en passant par 5 Audi Quattro, des voitures haut de gamme souvent et notre …populaire de 1984 achetée en 1ère main avec 24000 kilomètres d’origine 3000 euros il y a 2 ans !

Les ZR avaient 2 particularités : on ne savait pas à l’avance où elles démarraient, juste que c’était entre 2 cases distantes de 1 à 4 kilomètres. On ne voyait le départ que sur la route en arrivant au panneau. On partait quand on voulait, sans respecter les minutes car une balise située entre 40 m et 100 m servait de référence : il fallait donc passer la balise en régulant. Impossible à faire si on s’arrête sur la ligne de départ. C’était donc départ lancé !!

On a mis au point une gestion des départs qui a fonctionné sauf que le RB continuait à afficher les kilomètres et mon trip était remis à 0 au départ !! Bonjour l’angoisse pour situer le 1er changement de direction car j’étais dans le flou total sur mes distances. Ensuite, avec les partiels, ça allait. Ce système m’a donné 3 « gros coups de chaud » car je ne savais pas si on était après le 1er changement de direction sur la bonne route !!

Et j’étais dans l’impossibilité de recaler mes distances !! Mais Jean a une bonne expérience de la régul et on avait un peu modifié les valeurs de l’étalonnage : du coup, on n’a jamais été trop en retard.

Bref, on avait le prologue du vendredi après-midi pour accorder nos violons !

Et l’accord fut bon puisque, à notre grande surprise, nous avons gagné ce prologue !!

C’est donc plein d’espoir qu’on est partis le samedi matin sous le soleil sur de jolies routes passant, entre autres, dans quelques villages mondialement connus : Gevrey-Chambertin ou Nuits Saint Georges par exemple. Petite régul aussi sur le petit circuit de l’Auxois: 1 temps de référence qu’on doit reproduire 5 fois. On a fait 1’47’’5 au tour de référence puis 47’’9, 47’’2, 47’’8, 48’’1 et 47’’1 !! On était contents de notre coup !!

Le RB était excellent quoique beaucoup trop facile à mon goût avec parfois 5 ou 6 kilomètres entre 2 cases. Les ZR s’enchainaient bien mais on n’allait pas vite du tout car les routes n’étaient pas très compliquées.

Et finalement avant le ris de veau plus le jambon à l’os plus le filet mignon plus le fromage de tête plus tout le reste et 122 bouteilles de vin pour 129 personnes ( chiffre officiel !), bref avant le diner, les classements sont apparus : nous étions 3è au scratch !!

Un seul objectif pour le dimanche : sauver le podium !!

Et on a bien réussi notre affaire : juste derrière Robert Poux qui avait déjà gagné 2 fois ce rallye, on trouve la 305 !!!

Nouveau pilote, nouvelle voiture, nouveau rallye : je complète ma collection !!

Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas refaire ce rallye : routes parfois sans intérêt, taxe FFSA obligatoire, ZR trop lentes et avec une seule moyenne : pas très passionnant pour le copi … mais je ne regrette quand même pas !!

Mise à jour le Dimanche, 21 Octobre 2018 13:45
 
21ème ROUTES DU JURA 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Bernard LEFEVRE, copilote de la R8 Gordini N°20

21ème Routes du Jura 2018

Bon... il a bien fallu que je m'y colle alors !

Ces Routes du Jura étaient vivement attendues. En début de printemps une découverte de la Targa Lorraine douloureuse avec Michel dans la R8 et en mai un Vexin calamiteux avec Yves dans la DAF m'avaient laissé sur ma faim. J'étais donc impatient de me remettre dans un baquet avec mes crayons et un road-book, un peu comme si c'était la rentrée en fait...

Le rallye, comme d'habitude, a fait le plein (65 engagés) hormis les quelques désistements de dernières minutes rituels. On retrouve les habitués du THRF, en tous cas ceux de la moitié nord et quelques nouveaux comme Yves et Vincent par exemple. Convocation, en tous cas pour ceux qui le pouvaient, le vendredi en début d'après-midi au Mont Roland pour les machinales vérifications des équipages et des autos, suivi d'une optionnelle courte étape faisant office de warm-up et ne comptant pas pour la véritable course. Les organisateurs ont même eu le bon gout de convoquer le soleil, qui d'ailleurs ne nous quittera pas jusqu'à dimanche après-midi.

Ce prologue en deux étapes de 48 et 34 Kms (On n'en a pour notre argent au Jura !) est parfait pour se remettre dans le bain et reprendre les automatismes : un peu de fléché, métré ou pas, puzzle de photos, fléché allemand, petit carto tracé, quelques cases mélangés et deux ZR. Une belle variété de navigation de ce qui nous attend pour la suite. On s'en sortira pas trop mal, malgré un petit flottement dans une ZR suite à une erreur de lecture d'une distance (un partiel lu comme un total... pff ! ), ce qui nous aura permis de faire un petit coucou à Yves et Vincent, un peu ébahis de nous voir à contre sens ! Un peu de retard dans cette ZR, mais tous les CP sont là. Nous pointerons quand même en retard au CH d'arrivée. Nous saurons seulement le dimanche que nous étions 8ème à ce prologue.

Dans la file, au départ du prologue. Il faisait vraiment beau !

Olivier Sussot et Patrick Darley, les organisateurs, ont innové dans le découpage de la journée du samedi. Elle se déroule en 3 étapes et  le repas de midi est supprimé. A la fin de la 1ère étape (vers 11h00), il y a donc une pause suffisamment longue pour profiter tranquillement de l'excellent buffet jurassien de la roulante du rallye. De même à la fin de la 2ème étape (vers 16h00) le buffet, remis à jour avec une tendance sucré, est là pour nous combler avant d'en terminer avec la dernière partie. De l'avis amusé du médecin Yves "En deux temps, il y a tout ce qu'il faut pour faire le plein de cholestérol !... "

Le samedi matin, les choses sérieuses commencent, nous partons donc du port de Dôle  pour une longue étape de 120 Kms. Nous sommes bien encadrés pour cette journée : les belges Thirion père-fille devant et les belges Simonis-dameseaux derrière !

Cette 1ère partie nous ne nous a pas paru bien compliquée. Pour la première fois je découvre une courte carte muette dans ce rallye du Jura, que nous déroulerons prudemment mais correctement, même si une "innocente" pince au milieu nous fera douter un instant... Nous l'avons prise, elle sera bonne. On s'éloigne de Dôle en descendant le Doubs, puis on pique plein sud. Nous sommes à la limite ouest du Jura, beaucoup de petites routes, alternant plaines, forêts et collines. Nous sommes à l'heure aux TIP. Très attentionnés sur la navigation dans les ZR. Nous serons quand même 5 min en retard au départ de 2ème ZR. Il faut rouler vite, il n'y a pas de temps à la flânerie ou au jardinage, il s'agit d'être efficace rapidement. Un belle page de carto à tracer posera problème : la fin du tracé ne correspond pas à la reprise du fléché-métré. Forcément nous nous posons des questions... les belges Simonis-Dameseaux sur Ford Escort sont dans la même incertitude. Coup de chance, Olivier Sussot s'arrête à notre hauteur et nous signifie qu'effectivement il y a une erreur ! Il nous remet dans le bon sens et sur la bonne case. CP manquants et pénalités de retard seront levés sur ce secteur. Nous finirons l'étape à l'heure, plutôt satisfaits et tranquilles pour attaquer le buffet.  Et pourtant... grosse désillusion quand nous apprenons qu'il nous manque 2 CP. Nous n'avons jamais jardiné et avons le sentiment d'être resté sur le bon parcours, prenant parfois même le luxe d'aller vérifier quelques échéances douteuses de pièges possibles. Vraisemblablement nous sommes passés à coté de ces CP sans les voir : Sale coup pour le moral... et le classement !

Nous repartons un peu avant midi pour la 2ème étape de 125 Kms, une boucle qui nous fait revenir au même endroit pour le goûter. Nous attaquons d'emblée par une soporifique ZR de 21 Kms, juste après cette pause gastronomique, c'est inhumain ! D'ailleurs Yves et Vincent s'y feront piéger en y jardinant beaucoup trop longtemps. Suit un fléché allemand court et anodin... en apparence ! Nombre de voitures sont a l'arrêt ou à contre-courant, certaines même déboulent d'un chemin caché entre deux haies... Evidemment nous faisons partie du lot : on le reprendra trois fois, sans pour autant être certain de la bonne route. Je note mécaniquement deux CP sur ma tablette. On finira par suivre l'Escort orange des belges Simonis-Dameseaux pour nous tirer de ce mauvais pas. A la sortie de ce guêpier : une pince...

Michel me résume la situation "Déjà qu'on n'est même pas sûr que c'est la bonne sortie et donc, une bonne pince... en plus on n'est pas sûr des CP à noter sur la carton... Super ! "

J'analyse rapidement "Mmmm... Dameseaux n'a pas hésité sur la pince et il y a des concurrents qui arrivent : la pince doit être bonne, non ?"

"Mouuaiis..."

"Quant aux les CP... je crois que le premier doit être bon, ça me parait logique... et le deuxième.... aussi !... hum...." et je poinçonne. Le sort en est jeté.

Puis nous plongeons à nouveaux dans une ZR de 22 Kms... Il est très facile de se perdre dans ce genre d'épreuve : on s'endort avec de longues distances sur quelques cases du road-book et d'un coup, sur 100 m il y a 10 cases qui décomposent 2 intersections. il faut rester vigilant, anticiper autant que possible, et ne pas hésiter à lâcher la régul pour rester concentré sur la navigation. Il vaut mieux perdre une poignée de secondes qu'une poignée de kilomètres. Nous descendons toujours vers le sud, nous sommes à 25 Km de Bourg en Bresse.

perdre une poignée de secondes qu'une poignée de kilomètres. Nous descendons toujours vers le sud, nous sommes à 25 Km de Bourg en Bresse.

Le rythme est rapide, il faut rouler fort constamment. Un carto me cause des soucis : je ne visualise pas bien où nous sommes réellement et le point qui préfigure le début du carto est ambiue. Ca sent le piège. On cherche, on tourne un peu en rond. On tente une solution, mais on passe des CP à l'envers... c'est douteux mais on continue... à mi-chemin,  je me rends compte que je n'ai pas vu un point de passage, retour à la case départ et on recommence. Finalement les CP sont dans le bon sens, c'est de bon augure. Mais on perdu beaucoup de temps, Michel se fâche et le Gordini prend les 7000 tr ! Nous sommes malgré tout en retard au TIP avant une ZR, il y a une file d'attente, notre créneau de départ est déjà passé. Attendre sagement derrière, c'est prendre autant de retard au CH peu après la fin de ZR. Je décide donc de prendre le départ immédiatement : nous partons 10s avant la minute du départ d'un concurrent. Je ne savais pas si la cellule de départ prenait en compte ce temps de départ à la seconde pour le suivi de la régularité dans la ZR. Après analyse du règlement avec Vincent, il semblait que non, il fallait partir à la minute entière. Pourtant au vu des résultats il semblerait bien que si. Ce qui nous a probablement bien arrangé ayant répété cette pratique plusieurs fois ensuite. Nous ne pointerons au CH d'arrivée d'étape qu'avec une minute de retard (dépassée de 5s... grrr !! ). Je suis vidé !

Nous ne sommes pas sereins non plus lors de cette deuxième pause. Les collègues sont mitigés, tous le monde est sur la réserve. Vincent bougonne sur la ZR plantée et Yves prend ça avec philosophie.

La très, très belle Giuletta Sprint Veloce de 1964 des Belges Hermans - Pigeolet. Elle sort de restauration.

On repart vers 16h00 pour la remontée du département, vers Dôle à 123 Km. On attaque dés la sortie du CH par un fléché allemand. Celui se déroulera sans anicroche, ça fait du bien ! Puis nous prenons le départ de la ZR qui suit, mais, vraisemblablement avec 2 min d'avance au TIP (??) Plus loin, encore un fléché allemand, assez long, mais nous avons des points de repères qui nous aident à nous recaler fort heureusement. Plus loin encore, un carto puzzle  de 8 cases non jointives avec quelques pièges à déjouer dans chaque ! Ca se passe bien au début, mais à un moment je ne sais plus sur quelle case me reporter : je suis paumé !

Michel m'annonce " L'Escort des belges nous doublent... je les suis..."

Quelques centaines de mètres plus loin ils bifurquent à droite "Chemin du château de Bard"

Je tombe des nues ! "Mais pourquoi... où vont-ils ?!..."

Nous arrivons sur un T devant un mur qui pourrait être une enceinte d'un château, deux autres voitures sont déjà à l'arrêt... Tout le monde cherche ! Je fini par comprendre dans quelle case nous sommes, le village de BARD, m'oriente et filons à gauche, au moment où les belges filent.... à droite ! Mais plus loin la route correspond à la carte, c'est nous qui sommes sur la bonne voie. C'est bon pour le moral, même si nous perdons du temps.

Il faut aller vite, très vite. Michel ne chaume pas aux commandes, la boite de vitesse tient bon.  On enchaine une ZR (avec encore un TIP prit en avance ??) concentré sur la navigation. Juste derrière nous pointerons quand même à un CH intermédiaire avec 21 min de retard... Tout le monde pointera en retard. La direction de course donnera d'ailleurs un bonus de temps supplémentaire pour réduire les pénalités. Mais nous ne sommes pas encore arrivés !  Le dernier secteur est composé d'un long fléché allemand (encore !) dans un village. Nous le débobinerons du premier coup ! Nous sommes tellement content de rendre notre carton au dernier CH de la journée à l'heure et en bonne et due forme....  que nous ne verrons pas la dernière pince quelques dizaines de mètres avant !

Nous sommes vidés par cette journée intense. Pour autant nous n'en sommes pas réjouis. Certes la journée était très belle, le parcours était splendide et Michel s'est régalé à la conduite. Mais nous sommes dubitatif quant à nos performances : les CP oubliés,  une arrête de poisson faite au hasard, du retard à foison, une pince perdue, sans compter les pièges que nous n'avons probablement pas vu... nous sommes loin d'une performance, loin du podium espéré.

Nous passons une belle soirée au chalet du Mont Roland à la table du JPW Racing, avec les futurs vainqueur, les leaders du Trophée, Yves et Vincent.  Nous nous éclipsons rapidement pour aller dormir tant nous sommes harassés par cette intense journée.

La DAF au départ le dimanche matin.

Le lendemain matin sont affichés le 5 premiers de chaque catégorie, dans le désordre bien sûr. Et, bien sûr, nous n'y sommes pas. Personne du RSC 78 d'ailleurs... On y trouvait les Berteloot, les Wante, les Perret, les belges Hermans - Pigeolet et Simonis - Dameseaux. Surprise, les belges Thirion n'y sont pas. Je ne me souviens pas d'un rallye du Jura sans les Thirion dans le top 5 !

Nous partons pour une demi-étape de 63 Km, en commençant par (encore !) un fléché allemand pour sortir de Dôle. Une fois de plus, nous nous en sortirons sans encombre. S'en suis une succession de fléché-métré dont quelques cases mélangées. Etonnamment les Wante vont y laisser des plumes, ce qui les fera chuter du top 5. Comme beaucoup, nous nous ferons piéger dans la forêt de Chaux par un panneau "Interdit à tout véhicule" traitreusement peu visible... Heureusement nous nous en rendant compte assez rapidement, et une fois remis sur le bon chemin, Michel parviendra à remonter le temps. Nous enchainons sur la dernière ZR du rallye, 20 Km sur 49 cases de road-book ! En restant concentré, nous roulons pépère jusqu'au bout... Et au bout : c'est la gargantuesque pause jurassienne bien venue !

Le retour final sur Dôle, d'une longueur de 55 Km, ne sera que formalité. Une succession de courts carto,  je les trouvais tellement simple que je me créais des pièges. Et pour finir... un long, très long fléché allemand dans un village. Nous l'exécuterons d'un seul passage (c'est heureux, avec tout l'entrainement de la veille ! ) en récoltant 8 CP et... la pince de fin !

La remise des prix est faite de surprises. La première, est de voir la DAF en une étonnante 17ème position. Vincent bougonne de plus belle, Yves en rigole. Nous nous attendons à chaque énumérations des noms et positions à être appelés.

Surprise : Maxime Thirion, le copilote vainqueur l'année dernière, est 10ème !

Surprise : Les Thirion père et fille sont 8ème.

Les Wante, sortis du top 5 du matin, sont 6ème.

Les Perret, 5ème.

Simonis-Dameseaux 4ème.

Je suis abasourdi que nous ne soyons pas encore appelé !

Nous sommes 3ème. C'est incroyable ! Nous devions probablement être 6ème le dimanche matin, la bonne étape ce dimanche nous a fait monter de 3 places...

Hermans - Pigeolet 2ème

Les Berteloot vainqueur !

Au global nous ne prenons que 3 CP (deux, pas vu dans la 1ère étape et la pince finale du samedi soir) Nous avons eu de la chance dans le fléché allemand de la 2ème étape, en notant les bons CP un peu au feeling... Nous avons finalement bien géré notre temps (total régul et pénalités TIP / CH), seuls les Berteloot font mieux, ainsi que les Belges Hermans - Pigeollet, mais grâce à l'âge de la voiture. Les Berteloot ne prennent qu'un seul CP et les belges deux.

C'est vraiment une bonne surprise !

Mise à jour le Dimanche, 21 Octobre 2018 13:44
 
TROPHEE DES ALPES 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Vincent LEGENNE

Equipage Didier CORVI / Vincent LEGENNE sur Porsche 924 Turbo n°48

Exténué mais super heureux, c'était à tous points de vue grandiose !

400 kilomètres par jour, 4 étapes, 40 cols par étape (presque) et au moins 40000 virages par jour !!

Des paysages somptueux, des cols mythiques : Cayolle, Izoard, Galibier, Glandon, Madeleine, Roseland, Arpettaz, Alpe d’Huez, Ormon, Fontbelle et tant d’autres encore.

Un temps de rêve !!

Superbe organisation, bon rythme, roadbook parfait, 33 ZR en 4 jours de 10 à 30 kilomètres chacune avec 5 à 15 prises de temps à chaque fois, une excellente ambiance.

Bref, tout était réuni pour que cette épreuve soit marquante et elle l’a été.

J’ai pu participer avec Didier car on a récupéré un engagement gratuit. On s’est très vite rendu compte que la 924 turbo était inadaptée,  pas tellement la voiture mais la boîte, un gouffre entre la 1 et la 2 et surtout, un turbo qui se déclenche à 3200 tours. Quand on sort d’une épingle en montée, on n’avance pas et il faut attendre longtemps. Pendant ce temps, on voit le cadenseur qui tourne beaucoup plus vite que la vitesse réelle.

Ce n’est pas sans raison que la moitié du plateau est composée de Porsche 911, Carrera dans l’idéal avec 200 à 250 cv, légere, fiable performante, c’est vraiment la voiture idéale.

On avait une équipe de 3 voitures mais hélas l’Alpine A 310 V6 des RIOU a été victime de trop graves ennuis électriques et ils ont dû déclarer forfait avant de commencer. Restait donc la 911 de Jean-Phi WANTE avec sa fille Stéphanie.

Photo Richard BORD

On est 28è le 1er jour à Briançon, à égalité avec les Wante d’ailleurs. Eux ne sont pas encore dedans puisqu’ils remonteront jusqu’à la 12è place en gagnant la 3è étape. Chapeau car il y avait un sacré plateau avec, entres autres, une quinzaine d’équipages belges.

Dans les très nombreuses épingles du second jour avec de la haute montagne, on laisse parfois des valises : 15 secondes de retard, soit 220 mètres quand les autres passent quasiment à zéro

Mais on est très heureux d’être là même si on recule au classement, avec une forte envie de revenir sur ces routes en cabriolet, le coude à la portière !

Photo Richard BORD

Le 3è jour, le trip s’est arrêté en pleine spéciale!! La sonde Chronopist avait sans doute trop chaud … Et cela, juste avant un quitter gauche que j’ai vu trop tard puisque je n’étais plus concentré sur la navigation. Calculs, écarts entre bornes kilométriques, bref, on a perdu une centaine de points d’autant plus qu'en invertissant ensuite les 2 sondes, j'ai oublié qu’elles n’étaient pas réglées de la même façon … Quand on a une spéciale de 12 kilomètres sans repaires, ça coûte cher avec 200 mètres d’écart à l’arrivée.

Le dernier jour s’est mieux passé car on revenait en Provence et il n’y avait plus ces épingles en montée : nous faisons même une 4è place sur la dernière ZR au-dessus de Cavalaire avant l’arrivée pour finir finalement 28è sur 80 au départ en laissant aussi quelques Porsche ….derrière nous !

Photo Richard BORD

Un gros morceau mais j’ai déjà hâte d’y être l’an prochain !!

Mise à jour le Dimanche, 16 Septembre 2018 18:24
 
LEGEND BOUCLES DE BASTOGNE 2018 PDF Imprimer
Écrit par Patrick DECOEN   

Ecrit par Bernard LEFEVRE Copilote de la DAF 66 Marathon.

Les Boucles de Bastogne ont un fonctionnement un peu inhabituel. Le roadbook est très simple, du fléché métré uniquement, qui nous conduit de CH en CH sans aucun piège de navigation et de RT en RT (Regularity Test), sur routes fermées à la circulation.

Il y a trois catégories : les "CLASSIC", les "CHALENGER" et les "LEGEND".

Les "CLASSIC", la catégorie dans laquelle les deux équipages du RSC78 sont engagés, ont une moyenne maximum de 60 Km/h en RT. Seule la licence "Regularity" est demandée et le casque est obligatoire. En pratique, nous n'aurons qu'une RT avec une moyenne de 54 Km/h et deux RT à 60 Km/h avec changement ponctuel à 49 Km/h. Toutes les autres seront à 60 Km/h.

Les "CHALENGER" fonctionnent de la même manière, mais avec une moyenne maxi de 80 Km/h. C'est un peu du VHRS, moyenne haute. Là, il faut une licence internationale pour l'équipage, un passeport technique pour la voiture avec la sécurité FIA qui va avec.

Enfin les "LEGEND", la catégorie reine et spectaculaire, ont un "Target Time", un temps cible, par RT. C'est à dire qu'ils doivent s'approcher le plus possible d'un temps idéal, tellement idéal qu'il est très court... trop court ! En clair, ils doivent rouler le plus vite possible, c'est du VHC.

Autre fonctionnement inhabituel : les CP. Pour tous les équipages, il y a des Contrôle de Passage humain et uniquement dans les RT. Sur le Roadbook, il est annoncé clairement leur position. Vous devez vous arrêter, présenter au commissaire votre carton, qu'il va poinçonner, puis vous repartez réguler. Ca peut paraitre aberrent cet arrêt en cours de RT, mais ils étaient judicieusement placés au bout d'une ligne droite et avant un passage critique : une épingle, un virage masqué, l'entrée d'un village... Ca permettait de casser la vitesse et de faire un peu de spectacle sur un gros freinage et un départ arrêté.

Il faut se lever tôt le samedi matin pour être au pré-départ. Il n'y a pas de parc fermé sur ce rallye. La bonne idée de l'organisation est de convoquer les voitures dans une vaste zone industrielle (déserte le samedi matin) selon un horaire de pré-départ. Puis, sous forme de liaison, au roadbook, nous allons au podium de départ toutes les 30 secondes. Ainsi, si c'est un peu le bazar dans cette zone industrielle, les voitures arrivent au podium en ville dans le bon ordre et à horaire régulier. L'autre bonne idée est de faire partir simultanément les CLASSIC et les LEGEND /  CHALENGER. Pendant que les uns font une boucle, les autres en font une autre, et vice-versa. Ceci permet de faire les 450 km du samedi sans faire une queue leu-leu de 4 heures (281 voitures !) et d'arriver le soir à une heure raisonnable.

Nous prenons le départ vers 8h30. 10 min plus tard, nous sommes déjà à la première RT, c'est court. Cette première RT est en grande partie asphaltée et quelques portions terre. Oui, c'est un rallye atypique, sur les 210 Km de RT, la moitié est sur pistes et chemins en terre ! Les reconnaissances n'étant pas autorisées pour les CLASSIC, nous n'avons que les notes du roadbook : les changements de direction et quelques virages appuyés.

Cette première RT me parait dantesque, et pourtant elle ne fait que 7 km, une des plus courtes. Si la routes n'est pas blanche de neige, elle n'en est pas moins extrêmement glissante, c'est un mélange d'eau, de neige fondue, de gravier et de terre. Ce n'est pas bien large, la trajectoire est toute faite. L'adhérence est précaire, les distances de freinage peuvent être longues... Yves n'est pas à la fête ! Sur les courtes portions terre, c'est un festival de pierres, de trous, d'ornières dans les cordes. Ca cogne dans les amortisseurs, les cailloux frappent les bas de caisses et les passages de roues, il me semble qu'il y en a qui tapent dans mes pieds ! Le fond de caisse glisse, frotte, racle dans les ornières. C'est un raffut de tous les diables ! La voiture est tellement secouée que j'ai du mal à lire le trip et à remettre à zéro le partiel. La DAF n'est pas à la fête ! Il y a déjà quelques voitures qui sont parties à la faute : une BMW 2002 est partie tout droit dans le talus sur un gauche enneigé, une 911 est dans le fossé en sortie d'épingle...

Nous avons vraiment été surpris par la difficulté du terrain. Nous ne tiendrons pas la moyenne imposée. Nous terminons la RT avec l'Escort, qui partait derrière nous, aux fesses !

A la sortie de la RT, à peine le temps d'enlever nos casques qu'il faut filer rapidement à la suivante, le timing est serré. Il en sera ainsi tout au long du rallye, dans un rythme incessant et soutenu. Si l'assistance est autorisé entre chaque RT, elle est à prendre sur notre temps de liaison, comme lors des rallyes des années 70-80. Patrick et Kimble seront là, à chaque sortie de RT, prêts à intervenir si besoins. Quelques mots rapidement échangés pour les tenir informés : "Tout va bien !..." et nous enchainons pour la prochaine. Je reprends le road-book pour la liaison, ce serait quand même bête de se perdre... Pourtant, à la sortie d'un village, il y a une succession d'intersections sur quelques centaines de mètres, et je flotte un peu...

- Désolé Yves, il faut faire demi-tour... ça ne colle pas, nous n'avons pas tourné au bon endroit... j'ai dû mal prendre une distance...

Pas bien grave, rapidement nous retrouvons un concurrent qui nous "tire" sur le bonne route. Pourtant ce court jardinage aurait dû me mettre la puce à l'oreille... Mais nous voilà déjà au départ de la 2ème RT. Je pointe de suite, nous mettons les casques rapidement... et nous voilà reparti le couteau entre les dents dans l'enfer d'une RT ‘’bastognardes’’ de 14Km. Las, malgré tous les efforts d'Yves, impossible de tenir la moyenne... Pire, je perds mes repères dans la RT, je n'arrive pas à suivre, je n'indique pas les rares notes à temps !  Yves rate un freinage sur une épingle et la DAF file tout droit, heureusement sans gravité. Nous terminons avec 600 m de retard, c'est beaucoup...

Ensuite un parcours routier plus long nous emmène un peu plus au nord, dans les Ardennes plus hautes, plus froides, plus blanches... Je reste bien concentré sur le roadbook pour éviter un nouveau jardinage. Je recale le trip régulièrement... Je râle :

- Mais c'est pas possible !... Ils sont à la rue avec les distances sur le roadbook !

Yves jette un œil sur le roadbook, le trip...

- Bon sang ! Regarde... l'indice d'étalonnage est changée sur le VH-Trip... Hier, à l'étalonnage, nous étions à 835, maintenant nous sommes à 735 !

Mince...! Dans les tressautements de la RT 1, j'ai dû appuyer malencontreusement sur l'indice, en faisant un Raz du partiel ! Voilà pourquoi ça ne collait pas dans le village, pourquoi les notes de la RT2 n’allaient pas !

Les RT 3 et 4, de respectivement 12 et 6 km, nous paraissent presque plus simple. On parvient parfois à réguler, mais pas tout le temps. On progresse, on s'habitue. Nous retrouvons Patrick et Kimble au premier parc d'assistance. Courte pause pour les deux équipages, puisque hormis le plein d'essence et un bon coup sur le pare-brise, nous n'avons rien à faire sur les voitures. Les RT 5 et 6 sont les mêmes que les 3 et 4. Nous terminons cette première boucle de 6 RT en redescendant à Bastogne. Après un très court regroupement, nous repartons pour une nouvelle boucle de 6 RT au nord-ouest de Bastogne : il est 16h00 et il commence à neiger... La RT 7 (idem RT 1) se fait encore de jour, mais pour les 5 dernières ce sera de nuit. La RT 8 est la même que la RT 2 où nous avions le trip faussé. Nous améliorons un peu, mais somme malgré tout en retard, nous nous faisons doubler.

Il neige toujours, il neigera encore jusque tard dans la soirée. Rouler vite quand il neige la nuit est une chose difficile. La neige forme un écran blanc infini et étourdissant devant nous, avec les phares nous sommes éblouis. C'est très fatiguant, usant, pour les yeux du pilote. Finalement ce sera avec l'éclairage d'origine de la DAF, qui nous parait le meilleur compromis entre visibilité et éblouissement, que nous terminerons cette étape nocturne, de quatre dernières RT d'environ 10 Km chacune. L'une d'elles, "Mirwart" fut particulièrement éprouvante. C'est une boucle dont nous devons faire pas tout à fait 2 tours. Par endroit la neige recouvre la route étroite, nous avons du mal à discerner les bas-côtés, tout est blanc dans les phares. Même les traces de la voiture qui est partie 30 sec devant nous ne sont pas visible.  Yves vise au milieu, entre les arbres... Plus loin, c'est tellement défoncé que nous ne faisons pas la différence entre route et chemin. Les trous sont masqués par les flaques d'eau, par la neige fondue, agglomérée en bouillasse au sol. Ca semble lissé. Eblouis par les phares sur la neige qui tombe toujours, on ne distingue pas le relief de la route ou des chemins. Ca tape violement dans les roues, sur la caisse. A 54 Km/h c'est infernal ! Nous nous faisons doubler plusieurs fois... mais comment font-ils ?! Nous prendrons les pénalités forfaitaires maximum sur cette RT, que nous effectuerons une deuxième fois à 60 Km/h... et encore une pénalité forfaitaire !

Nous rentrons à Bastogne et passons le podium à 21h30, épuisés par les 450 Km et les 12 RT de cette première journée. Nous retrouvons nos fidèles Saint-Bernard de l'assistance autour de l'Opel. Benoit et Vincent ont bien roulés, eux, et sont probablement dans les 20 premiers. Mais ils sont inquiets : la Commodore fait des siennes, elle ratatouille par moment, et Patrick n'identifie pas vraiment la cause...

Il ne neige plus, mais il fait froid... Il gèle !

Le lendemain, nous repartons dans l'ordre du classement, avant le lever du soleil. Il fait un froid polaire. Environ 250 Km à faire, dont une centaine de RT, c'est condensé. Les Legenne partent donc bien avant nous, puisque nous sommes dans les 80 au classement. Avec la neige tombée la veille et le gel de la nuit, la première RT du matin, la RT13 de 11 Km, est gelée. "ICY CONDITIONS" nous prévient l'organisation au départ ! On pourrait croire qu'étant donné l'épopée de la veille, ça ne pouvait pas être pire, l'adhérence était déjà tellement ténue... Si ! La voiture glisse à la moindre sollicitation d'Yves, qui pourtant roule sur des œufs : la voiture file tout droit aux freinages, ne veut pas tourner, ou au contraire part en sucette à la moindre ré-accélération pourtant pas très violente ! Mais Yves veille et gardera la voiture de tous dommages. Evidemment, nous ne sommes pas dans les temps impartis, mais nous sommes toujours là.

La RT 14 est le graal de ce rallye : 35 km de pistes de terre dans un magnifique domaine forestier. On pourrait se croire au RAC ! Le soleil hivernal est levé et perce dans le bleu laiteux du ciel matinal.  La lumière inonde un paysage de magnifiques vallons et de forêts aux majestueux épicéas tapissés de lourds manteaux blancs. C'est long 35 km de terre, très long... nous nous ferons doubler plusieurs fois. La piste est parfois enneigée, glacée quand nous sommes à découvert, et parfois sous l'abri des grands sapins qui retiennent la neige nous retrouvons la terre noire, rassurante, presque accueillante, où la DAF retrouve un peu de grip. Yves assure dans les descentes, anticipe bien les freinages, profite du moindre bout droit pour rouler. Il prend confiance petit à petit dans ce milieu hostile. Nous verrons une Mercedes partie jardiner en sortie d'un gauche un peu serré, que des spectateurs tentent de remettre sur la piste, ou une BMW posée sur des rondins de bois en travers... Comme beaucoup de concurrents, nous prendrons une pénalité forfaitaire pour cette RT. Qu'importe, c'était magique !

Les RT s'enchainent, toujours dans un timing serré, ponctué par le refuelling de Patrick et Kimble sur le routier. On apprend que l'Opel ratatouille de plus en plus. Ils ont même dû changer de pompe à essence en RT.

Coup du sort lors de la RT 16 "La Mandarine", à la sortie d'un droite assez serré, on aperçoit la Commodore rangée sur le coté dans la neige, Vincent et Benoit sortis de la voiture. Nous apprendrons plus tard que la voiture avait des problèmes de direction, et plutôt que de tenter le diable ils ont préféré s'arrêter... c'est l'abandon.

De notre coté, la DAF se porte bien, tout juste un ralenti un peu bas qui nous fait caler de temps en temps. On profite d'un parc assistance pour en parler à Patrick.

- Ho bé s'il n'y a que ça... ce n’est pas bien difficile, je vais vous le remonter un peu. Il ouvre le capot, machinalement touche le filtre à air, fixé sur le carburateur...

- Mais ça branle bizarrement ! Il se penche et regarde sous le filtre...

- Dites donc les gars : vous êtes en train de perdre le carburateur !

Avec les chaos des routes et des pistes, les vis qui serrent le carburateur sur la pipe d'admission s'étaient dévissées. Il y avait une grosse prise d'air.

- Encore quelques kilomètres et vous étiez obligés d'aller chercher les bouts du carburateur sur la route !

Ce sera notre seule alerte mécanique du WE, mais qui, sans la présence de Patrick, aurait été catastrophique.

Les trois dernières RT nous paraitrons plus tranquilles. Les températures se réchauffent, il y a moins de portions enneigées ou glacées et nous nous habituons aux trous et aux chaos des chemins empierrés. Mais surtout, Yves tient mieux la voiture, il est en confiance. Il y prend plaisir, ça se sent. On roule plus vite, nous régulons de plus en plus souvent. La 19ème et dernière RT, nous régulons assez rapidement et jusque la fin. Ce sera notre meilleure RT, un 23ème temps.

- Yves, c'est pas mal !... Je pense que nous sommes bien entrainés, on peut commencer le rallye maintenant.

Sur le podium final à Bastogne, nous avons le sourire, nous sommes heureux. Nous n'avons pas fait le meilleur classement qui soit, mais nous sommes allés au bout de ce rallye infernal !

C'était une belle aventure, une belle péripétie automobile et une belle épopée d'une équipée d'amis.

Mise à jour le Dimanche, 08 Avril 2018 13:50
 


 
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